Le théâtre Colón se déshabille pour nous

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Le théâtre Côlon, c'est l’opéra Garnier de Buenos Aires ! Nous sommes dans les coulisses et nous allons découvrir le travail des petites mains du théâtre.

Le théâtre Colón, c’est l’opéra Garnier de Buenos Aires ! Janvier, ce sont les grandes vacances en Argentine. Lundi, c’est dimanche au théâtre. Les ateliers sont vides. Nous avons néanmoins rendez-vous avec Stella Maris Lopez, la responsable des ateliers coutures et accessoires du théâtre. Stella a eu la gentillesse de nous accueillir afin de répondre à toutes nos questions. Elle travaille dans le théâtre depuis 30 ans et a commencé en bas de l’échelle. Nous sommes dans les coulisses et nous allons découvrir le travail des petites mains du théâtre.

50 petites mains s’activent toute l’année

Stella encadre environ 50 personnes qui sont réparties en 3 équipes : coutures / broderies, nettoyage et retouche. Accessoires et chapeaux sont également réalisés sur place. Suite à une importante vague de départ à la retraite, les équipes actuelles sont très jeunes et il y a (étonnement) 25 % d’hommes !

Un processus de création bien rodé

voyage-argentine-visite-theatre-colon-005Le programme du théâtre est décidé très en amont par le Directeur. En moyenne, plus de 1200 costumes sont ainsi créés ou adaptés par an. Ils seront portés par les danseurs, les cœurs ou par les artistes du centre expérimental du théâtre.

Le processus de création des costumes pour une œuvre commence plus de 7 mois avant la première. Pour les représentations du Lac des Cygnes prévues en décembre 2013, les équipes ont ainsi commencé les costumes en mars 2013.

Cela commence à la réception de l’ensemble des croquis des costumes à réaliser. Il arrive parfois que les équipes reçoivent des photos de costumes, à reproduire à l’identique. Pas pratique mais les couturiers sont rodés à ce genre d’exercice !

Il faut ensuite interpréter les dessins et les adapter si nécessaire. Certains costumes ne permettent pas de répondre aux contraintes et aux envies des danseurs. Ressembler à une grosse meringue qui ne peut pas lever la jambe n’est pas l’idéal pour une danseuse étoile… Avoir de gros bracelets bien larges, cela donne l’impression d’avoir de petits bras et ça, les danseurs n’aiment pas cela.

L’achat des tissus est une étape déterminante. Seule l’expérience permet de savoir quels tissus seront les mieux appropriés : léger, fluide, précieux, brillant, coloré (mais à adapter en fonction de la couleur de peau des danseurs)… sont autant de critères à prendre en compte avant de passer une commande. Les costumes doivent être beaux et surtout, ils ne doivent pas entraver les mouvements du danseur.

Stella nous a indiqué que les tissus proviennent principalement d’Italie, de France, d’Angleterre et des USA. Il n’y a pas de tissus chinois car les tissus produits (principalement soie et polyester) ne répondent pas aux critères définis.

Viennent ensuite les étapes classiques de la couture. Les patrons et la découpe des tissus sont réalisés par des personnes expérimentées et ayant un sacré coup d’œil. A ce stade, il faut aussi prendre en compte l’origine des danseurs. Des danseuses russes seront plus grandes et auront beaucoup moins de formes que des latinas par exemple.

La couture, les essayages et les ajustements viennent conclure les 7 mois de travail. Il y a peu de séances d’essayage et elles interviennent toutes quelques jours avant le spectacle. Ainsi, la première séance d’essayage a lieu 25 jours avant le spectacle et à J-2, c’est fini car c’est la Générale !

Les retouches : en direct ou en différé
L’équipe retouche est nombreuse car le programme de l’année est chargé. Les retouches peuvent se faire en direct pendant le spectacle ou après le spectacle. Le roulement des équipes qui font les retouches en direct est faible car :

  • Les danseurs déjà stressés, ont besoin de continuité donc il est important que ce soit toujours la même personne qui intervienne sur son ou ses costumes. « AVOIR CONFIANCE »
  • Pour la couturière, pas question d’improviser. Il faut connaître les costumes « à suivre » et savoir réagir vite. Pas question de sortir le patron pendant la représentation… « SECURITE »

Quel est le secret d’une bonne couturier(ère) selon Stella ?
Être ponctuel(le), régulier(e) (pas uniquement dans la couture) et avoir une continuité dans son travail car c’est l’expérience qui fait une bonne couturière ! La culture G de l’opéra / ballet vient avec le temps.

Et d’un bon responsable d’atelier couture ?
« Enseigner son savoir afin de faciliter son propre travail ».

Enfin, nous avons appris qu’il n’existait pas une bonne formation couture en Argentine et qu’il était difficile de recruter de jeunes personnes bien formées. Tentez votre chance si l’envie d’habiter à Buenos Aires vous tente et que vous souhaitez faire des costumes pour l’opéra ou les ballets. Autre option, ouvrir une école car Stella est trop attachée à son travail pour le faire 😉

Merci à Noémie pour sa mise en relation et au plaisir de se rencontrer pour boire un verre… Merci à Stella pour le temps qu’elle nous a accordé. Cela était très instructif et passionnant.

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